Vous avez peut-être vu passer « ClawdBot » sur votre fil ces dernières semaines. Si ce n’est pas le cas, ce projet open source, rebaptisé OpenClaw, est en train de redéfinir ce qu’on attend d’un assistant IA. Plus de 100 000 étoiles GitHub en moins d’un mois, des articles dans CNBC, TechCrunch et WIRED, un créateur recruté par OpenAI … On est face au projet d’automatisation le plus viral depuis ChatGPT. Et on a voulu comprendre pourquoi.
C’est quoi, au juste ?
OpenClaw, c’est un assistant IA open source qui tourne directement sur votre machine (un Mac, un serveur Linux, même un Raspberry Pi). Créé par le développeur autrichien Peter Steinberger, il se connecte sur vos apps de messagerie (WhatsApp, Telegram, Slack, Discord, Signal …) et utilise un modèle de langage (Claude, GPT, DeepSeek, etc) pour exécuter de vraies tâches sur votre ordinateur.
On ne parle pas d’un chatbot qui reformule vos questions. On parle de commander un agent IA depuis votre téléphone pendant que vous faites autre chose. Un utilisateur a fait négocier l’achat d’une voiture par OpenClaw et l’outil a contacté des concessionnaires par courriel pour décrocher le meilleur prix. Un autre a fait construire un site web complet via des messages texte depuis son téléphone (il ne devait pas être aussi bien que ceux de TREIZE). C’est le genre de truc qui fait lever un questionnement de notre côté.
Une mémoire qui ne flanche pas
Ce qui distingue vraiment OpenClaw des assistants qu’on connaît, c’est sa mémoire persistante. Pas besoin de tout réexpliquer à chaque session. Il retient vos préférences, vos fichiers, votre contexte d’un échange à l’autre. Il peut même planifier des tâches automatiques, comme un résumé de vos courriels chaque matin à 8 h, programmé via un cron. Voyez-le comme un assistant dans une compagnie, mais qui travaille 24/7 sans pause.
De ClawdBot à OpenClaw : trois noms en une semaine
Au départ, le projet s’appelait ClawdBot, un jeu de mots sur Claude, le chatbot d’Anthropic. Et oui, la mascotte, c’est un homard. Le 27 janvier 2026, Anthropic a envoyé une demande de changement de marque, estimant que « Clawd » créait trop de confusion avec « Claude ». Ce qui est arrivé après, on dirait un scénario de film. Pendant les quelques secondes où Steinberger changeait les noms de comptes sur GitHub et X (Twitter), des scammers crypto ont sauté sur les anciens identifiants pour lancer un faux jeton $CLAWD sur Solana. En quelques heures, le token a atteint 16 millions de dollars de capitalisation, avant de s’écraser de 90 % quand Steinberger a dénoncé publiquement l’arnaque. Le projet est passé brièvement par « Moltbot », un nom choisi à 5 h du matin sur Discord avec la communauté, avant d’atterrir pour de bon sur OpenClaw.
L’ironie là-dedans? Le projet qui était parti en hommage à Claude a fini … chez OpenAI (ChatGPT).
Un impact bien réel sur l’industrie
Le « hype » autour d’OpenClaw a eu des effets bien concrets. Les délais de livraison des Mac Mini et Mac Studio avec beaucoup de mémoire sont passés de quelques jours à plusieurs semaines. Du monde achète des machines juste pour faire rouler l’agent localement. Tom’s Hardware et TechRadar ont tous les deux couvert la pénurie, et Apple a confirmé qu’ils travaillent à rattraper la demande en puces mémoire.
Le 14 février 2026, Steinberger a annoncé sur son blogue qu’il rejoignait OpenAI pour travailler sur la prochaine génération d’agents personnels. Sam Altman l’a qualifié de « génie » sur X, ajoutant que le projet deviendrait rapidement central dans l’offre de produits d’OpenAI. OpenClaw sera transféré à une fondation open source indépendante.
Les risques à garder en tête
Tout ça, c’est impressionnant. Mais qui dit adoption rapide dit aussi angles morts. La popularité d’OpenClaw a mis en lumière de sérieux problèmes de sécurité.
Des chercheurs en sécurité ont découvert des centaines d’instances non protégées accessibles publiquement via Shodan, avec des clés API, des jetons de bots et des historiques de conversations exposés. Le problème principal est que le système d’authentification approuve automatiquement les connexions localhost (les connexions provenant de votre propre machine), ce qui, derrière un proxy inversé, ouvre la porte à n’importe qui.
Côté écosystème, ClawHub, le registre de skills communautaires, contenait plus de 300 extensions corrompues (chevaux de Troie, voleurs de données, portes dérobées), selon les analyses de VirusTotal et OpenSourceMalware. Steinberger a depuis mis en place un partenariat avec VirusTotal pour scanner les extensions automatiquement.
Les coûts d’API peuvent aussi déraper rapidement. Plusieurs publications Reddit comptant des centaines de votes positifs ont signalé des factures salées pour quelques jours d’utilisation seulement.
Gartner a d’ailleurs qualifié OpenClaw de « risque cybersécurité inacceptable » dans sa forme actuelle pour un usage en entreprise. C’est un outil puissant, mais qui demande une réelle expertise technique pour être déployé correctement.
Pourquoi on devrait s’y intéresser ?
OpenClaw, c’est la preuve que l’IA est en train de passer un cap. On n’est plus dans le chatbot qui reformule vos questions. On est dans l’agent qui fait le travail à votre place. Triage d’issues GitHub, surveillance d’erreurs en production, prototypage de sites, automatisation de suivis clients, planification de briefings … les cas d’usage sont déjà là et ils vont juste se multiplier.
Côté dev comme côté business, c’est pas mal évident que d’être capable d’intégrer et de sécuriser ces agents-là va être le genre de compétence que tout le monde va vouloir dans son équipe.
Chez TREIZE, c’est exactement ce genre de virage-là qu’on aide nos clients à naviguer. Séparer le vrai du « hype », comprendre ce qui va concrètement changer votre façon de travailler, et passer à l’action quand c’est le bon moment. Si vous vous demandez comment l’IA peut s’intégrer dans vos projets, parlons-en.
